Le blog de Cailleux Gérard
Zéro de conduite
J’étais parti très tôt
Dans ma petite auto
Et je roulais tranquille
Pour aller à la ville
Je me sentais peinard
Comme un roi sur son char
Et comme c’était l’été
Rien ne pouvait m’inquiéter
Mais soudain à mes yeux
Surgit un mec curieux
Qui agitait ses bras
Pour que je stoppe là.
Je me dis « ce n’est pas de chance »
Et pourtant je m’avance
Pensant qu’il est en panne.
Tout près de sa bécane
J’ouvre déjà ma vitre
Je fais un peu le pitre
Mais il me fait la gueule
Et voilà qu’on s’engueule
Il me dit y a outrage,
Je vais vous mettre en cage.
Il s’approche et, surprise
Je comprends ma méprise,
Il faut que je vous dise :
Brodé sur sa chemise
Il y a un truc écrit.
Je lis : gendarmerie !
Arrêtez le moteur
Dit-il d’un ton rageur
Comme je n’suis pas à pieds
Il veut voir vos papiers
Zéro de conduite
Quand on est au volant
Faut rester vigilent
Zéro de conduite
Aux yeux des policiers
On est toujours suspects
Je sens que ça va chauffer.
Mon Dieu, mais qu’ai-je fait
Il me précise alors
Que je suis dans mon tort
Et qu’il m’a arrêté
Pour ma sécurité
Car je roule en voiture
Sans mettre ma ceinture.
Là alors je me marre
Et je lui dis hilare
Que c’est une bagatelle
Car je porte des bretelles
Et j’ajoute narquois
Qu’en toute bonne fois
J’évite par nature
Les boulevards de ceinture
Je ne sais plus que dire
Et j’esquisse un sourie
V’là qu’il sort un carnet
Et se met à noter
Mon nom, celui de mon père,
Et l’âge de ma mère,
Car il doit c’est fatal
Dresser procès verbal.
Ce n’est pas grave je dis,
C’est verbal, pas écrit,
Mais il n’y a rien à faire,
Il me regarde de travers.
Surtout, ne riez point
Car vous perdrez des points.
Comme le steak, le permis,
Quand c’est à point, c’est cuit !
Zéro de conduite
Quand on est au volant
Faut rester vigilent
Zéro de conduite
Question de sécurité
Il ne faut pas plaisanter
Je signe pour lui plaire
Son petit formulaire,
Puis il fait la grimace
Cherche mes essuie-glaces
Il veut y accrocher
Son petit bout de papier,
Mais de mes essuie-glaces
Il ne trouve pas trace
Car en fait ils n’avaient
Plus rien à essuyer,
Vu que mon pare-brise
Un jour s’est fait la cerise.
Comme on est en été
J’ai tout décapoté.
Là il pique sa crise
Ça le démoralise
Il brandit son PV
Comme une petite épée
Comme un toréador
Ferait la mise à mort
Mais il perd tout contrôle.
Son papillon s’envole,
Ce qui est bien normal
Pour ce bel animal.
Et voilà mon gendarme
Qui essuie une larme :
« Les radars nous remplacent,
Et nous on perd la face,
N’y a plus de traditions.
Faites bien attention
Car vous serez bientôt
Gardés par des robots ».
Zéro de conduite
Quand on est au volant
Faut rester vigilent
Zéro de conduite
Car n’y a pas plus vicelard
Que les radars
Il a pris sa moto.
J’ai repris mon auto,
Et on s’est séparé
Tous les deux dépités
Mais depuis sa détresse
Vient me hanter sans cesse
Quand je suis au volant.
Si je vois en roulant
Sur le bord de la route
Des gendarmes en déroute
J’essaye, charitable
De sortir mon portable,
D’un élan généreux
Je grille un ou deux feux
Et même si ça les fâche
Je leur crie « mort aux vaches » !
Zéro de conduite
Versez donc une larme
Pour nos pauvres gendarmes
Zéro de conduite
Ils sont tout de même plus beaux
Que des robots